Wonder Boys

Wonder BoysGrady Tripp a écrit voilà 7 ans un roman à succès, mais n’a rien publié depuis. Enseignant en littérature, il est pris dans un week-end interminable entre son éditeur qui le somme de finir son ouvrage, et un de ses étudiants plutôt bizarroide.

Prenant pour personnage principal un enseignant-auteur ex espoir de la littérature moderne, Hanson nous propose de suivre les aventures d’un vrai personnage plein, vivant et émouvant. Anti-héros, Grady possède a peut près tous les vices qu’un Américain de plus de 50 ans peut assumer (il fume de l’herbe, trompe sa femme…), mais l’interprétation de Michael Douglas fait passer un personnage un peu déjà vu, pour un vrai personnage romanesque. Un personnage difficile qu’il fait exister au travers d’une démarche, d’expressions.
A côté de lui, Tobey Maguire, intéressant en jeune déboussolé et machiavélique, et Sara Gaskell en maîtresse assez effacée. Surnage donc un Douglas toujours charmeur (Katie Holmes plutôt en forme, même si assez absente ne démentira pas) dont la voix caractéristique résonne une bonne partie du film.

Petite galerie de personnages (Vernon, fabuleux), Wonder Boys dresse un portrait assez atypique de notre époque.
L’oeil de la comédie reprend parfois (souvent) le dessus et nous ammène finalement dans des situations assez inattendues ; parfois tellement que cela prend le pas sur le fond. Un peu dommage, car tout cela va tellement vite. Un petit « week end où tout bascule » nous promet l’affiche ; on aurait aimé que cela dure plus. Beaucoup de choses sont abordées, sans doute trop pour un film ; du coup, on se retrouve avec une course vers une fin un peu gnan gnan mais obligatoire (car hollywoodienne). Tout va le mieux dans le meilleur des mondes, comme quoi on peut être Candide et s’appeler Michael Douglas.