Virgin Suicides

Virgin SuicidesDans les années 70, la famille Lisbon vit dans le calme. Très puritains, les parents élèvent leur cinq filles sur des préceptes de rigueur. Les filles superbes sont cependant les cibles des garçons du quartier.

En s’attaquant à l’adolescence et ses tracas, Sofia Copolla (la fille de son père) avait mis la barre très haut. Les pièges étaient nombreux et le thème très difficile à bien traiter à l’écran.

Mais une sorte de main invisible semble empêcher en permanence le film de tomber dans la facilité du lieu, des personnages, des situations… Décliné sous forme de poème, le long métrage alterne un lyrisme et une richesse que l’on avait pas vu depuis longtemps dans ce genre de film.
Tout y est finesse… à commencer par le casting des filles, et des parents. Woods et Turner en parents castrateurs mais pas pour autant détestables, les personnages sont pleins de relief et de facettes qui font qu’ils existent.

La possibilité de tomber dans les préjugés était grande : période 70’s, parents ultra-catho, banlieue bourgeoise, le malaise des jeunes… tout était réunis pour une mascarade sans intérêt ; mais on ne sait trop comment, tous les pièges sont évités avec grand succès par Sofia.

Le seul point noir reste la limite du récit qui est sans doute trop respectée et qui ne prends peut-être pas assez de responsabilité en cassant un rythme un peu linéaire et en s’évadant là où le spectateur ne s’y attendrait pas. Néanmoins, on peut être satisfait d’un résultat qui pour un premier film a réussi à nous émouvoir et nous intéresser sur un sujet pas facile. On attends désormais la fille du grand Francis au tournant.

Peut-être est-ce à cause de son thème usé jusqu’à la corde (le mal-être de l’adolescence), mais un constat s’impose d’emblée : « Virgin Suicides », bien qu’ayant le mérite de révéler une grande réalisatrice qui sait mettre les formes, se révèle monotone et assez ennuyeux. Le thème très épineux de la crise existentielle juvénile est traité au travers de l’histoire symbolique de ces cinq jeunes filles. Mais l’ambiguïté voulue du propos n’a d’égale que son manque de fond et à vouloir faire trop alambiqué, la réalisatrice finit par passer à coté du sujet.

Des scènes simples et révélatrices, la musique rêveuse du groupe « Air » et une réalisation faussement naïve ; dès les premières scènes, le ton du film est rapidement donné ; il va falloir se creuser la tête pour comprendre où la réalisatrice veut en venir. Pour une première oeuvre, la mise en scène est impressionnante de maîtrise ; elle fait oublier l’ennui d’un propos qui, au départ, fait sourire par son charme et sa simplicité et étonne par sa violence puis finit par lasser à force d’ambiguïté. D’autant que l’humour moqueur crée des interférences et que les stéréotypes malvenus ont tendance à se multiplier. On comprend alors que la réalisatrice finit par s’empêtrer dans ses propres symboliques pour finalement livrer une oeuvre faussement complexe. On se console avec l’ensemble des personnages du film, incarnés par de brillants acteurs auxquels on s’identifie volontiers et qui permettent de limiter les dégâts en nous proposant quelques tranches de vie savoureuses.

Pour une première oeuvre, Sofia Coppola s’en sort malgré tout plutôt bien. Elle tente de nous offrir une vision viscérale et hautement symbolique du mal-être adolescent. Malheureusement, le film se transforme rapidement en chronique sociale irrévérencieuse, ce qui n’était certainement pas l’un des objectifs premiers.

Sofia Coppola, avec un nom pareil, c’est peu dire qu’on l’attend au tournant. Ce qui est con d’ailleurs.
Bref, coup d’essai, coup de maître? Oui si l’on ne s’attarde pas sur le fait qu’elle ne s’est pas vraiment attaqué à un genre spécifique. Son adaptation lui laisse en effet beaucoup de liberté, et au final c’est une oeuvre très personnelle.

James Woods est un grand acteur; on ne le voit pas assez. Comme ça je l’ai dit. Virgin Suicides est un portrait sulfurique de l’Amérique bien pensante des banlieues? Non, et on a déjà vu ça 100 fois.
Enfin si un peu mais là c’est différent! En quoi? Je ne sais pas, peut-être est-ce dû au fait que l’on s’attache de suite aux soeurs Lisbon, jeunes filles en pleine fleur de l’âge, jeunes fleurs qui ne demandaient qu’à éclore. Elles rendent fous les garçons du voisinage en pleine poussée de testostérone et c’est toute la poésie des premiers amours qui ressurgit. Et c’est là que Coppola frappe juste, elle le sait et elle en fait son film. Bien sûr, on aimerait qu’elle s’attarde un peu plus sur certains endroits. La narration reprenant parfois un peu trop vite ses droits, nous empêchant de pénetrer le mystère de soeurs.

Car vraiment, ces 5 ou plutôt 4 soeurs sont un mystère. On pourra bien sûr reprocher le propos un peu convenu et gonflant qui sert de base (apparement au roman) du style: « Ouais , vous les mecs ont vous tiens par le bout du zguègue mais vous pourrez jamais nous comprendre, nous les filles…na! » Mais force est de constater qu’il y a un peu de vérité là-dedans.

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