X-Men

X-MenLa société est désormais partagée entre les humains et les mutants. Les campagnes de desinformations anti-mutants conduisent ces derniers à se regrouper et à fuir la société. Alors qu’un groupe va tenter d’affronter la société, l’autre va plutôt utiliser la méthode douce.

Le public français sera sans doute un peu déboussolé par cette adaptation d’une des BD américaines les plus populaires. Cependant avec un oeil averti, on passe un bon moment en compagnie de ces super-héros plus bizarres les uns que les autres. « X-Men » constitue un divertissement mais aussi et surtout nous permet de plonger directement au coeur de la culture américaine.

L’attente de cette adaptation était si forte aux Etats-Unis que chaque phase du développement du film était minutieusement suivie et critiquée sur Internet dans les sites spécialisés. Le résultat final est convainquant et surtout prometteur. Il nous présente tant bien que mal les nombreux personnages de la BD tout en nous gratifiant d’un scénario qui se contente du minimum. Marvel (créatrice des personnages) pose ainsi un décor qui permettra sans doute de faire de nombreuses suites.

On s’amuse, petit français que nous sommes, à découvrir l’univers manichéen des « X-Men ». Les lourds symboles politiques de la BD originale ont disparu pour faire place à un message beaucoup plus naïf fondé sur le droit à la différence. Les effets-spéciaux sont franchement réussis et les auteurs ont eu raison de miser sur l’autodérision pour rendre l’histoire plus digeste. L’étalage brut de ces personnages (Magneto, l’Homme Crapaud, Dent de sabre) en aurait sans doute fait fuir plus d’un.

Avec « X-Men », la culture « pop-corn » américaine se dévoile au grand jour. On reste un peu bouche-bée mais on a rien à dire car les français ont fait une certaine adaptation d’ « Astérix » qui a dû étonner et amuser plus d’un américain.

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Virgin Suicides

Virgin SuicidesDans les années 70, la famille Lisbon vit dans le calme. Très puritains, les parents élèvent leur cinq filles sur des préceptes de rigueur. Les filles superbes sont cependant les cibles des garçons du quartier.

En s’attaquant à l’adolescence et ses tracas, Sofia Copolla (la fille de son père) avait mis la barre très haut. Les pièges étaient nombreux et le thème très difficile à bien traiter à l’écran.

Mais une sorte de main invisible semble empêcher en permanence le film de tomber dans la facilité du lieu, des personnages, des situations… Décliné sous forme de poème, le long métrage alterne un lyrisme et une richesse que l’on avait pas vu depuis longtemps dans ce genre de film.
Tout y est finesse… à commencer par le casting des filles, et des parents. Woods et Turner en parents castrateurs mais pas pour autant détestables, les personnages sont pleins de relief et de facettes qui font qu’ils existent.

La possibilité de tomber dans les préjugés était grande : période 70’s, parents ultra-catho, banlieue bourgeoise, le malaise des jeunes… tout était réunis pour une mascarade sans intérêt ; mais on ne sait trop comment, tous les pièges sont évités avec grand succès par Sofia.

Le seul point noir reste la limite du récit qui est sans doute trop respectée et qui ne prends peut-être pas assez de responsabilité en cassant un rythme un peu linéaire et en s’évadant là où le spectateur ne s’y attendrait pas. Néanmoins, on peut être satisfait d’un résultat qui pour un premier film a réussi à nous émouvoir et nous intéresser sur un sujet pas facile. On attends désormais la fille du grand Francis au tournant.

Peut-être est-ce à cause de son thème usé jusqu’à la corde (le mal-être de l’adolescence), mais un constat s’impose d’emblée : « Virgin Suicides », bien qu’ayant le mérite de révéler une grande réalisatrice qui sait mettre les formes, se révèle monotone et assez ennuyeux. Le thème très épineux de la crise existentielle juvénile est traité au travers de l’histoire symbolique de ces cinq jeunes filles. Mais l’ambiguïté voulue du propos n’a d’égale que son manque de fond et à vouloir faire trop alambiqué, la réalisatrice finit par passer à coté du sujet.

Des scènes simples et révélatrices, la musique rêveuse du groupe « Air » et une réalisation faussement naïve ; dès les premières scènes, le ton du film est rapidement donné ; il va falloir se creuser la tête pour comprendre où la réalisatrice veut en venir. Pour une première oeuvre, la mise en scène est impressionnante de maîtrise ; elle fait oublier l’ennui d’un propos qui, au départ, fait sourire par son charme et sa simplicité et étonne par sa violence puis finit par lasser à force d’ambiguïté. D’autant que l’humour moqueur crée des interférences et que les stéréotypes malvenus ont tendance à se multiplier. On comprend alors que la réalisatrice finit par s’empêtrer dans ses propres symboliques pour finalement livrer une oeuvre faussement complexe. On se console avec l’ensemble des personnages du film, incarnés par de brillants acteurs auxquels on s’identifie volontiers et qui permettent de limiter les dégâts en nous proposant quelques tranches de vie savoureuses.

Pour une première oeuvre, Sofia Coppola s’en sort malgré tout plutôt bien. Elle tente de nous offrir une vision viscérale et hautement symbolique du mal-être adolescent. Malheureusement, le film se transforme rapidement en chronique sociale irrévérencieuse, ce qui n’était certainement pas l’un des objectifs premiers.

Sofia Coppola, avec un nom pareil, c’est peu dire qu’on l’attend au tournant. Ce qui est con d’ailleurs.
Bref, coup d’essai, coup de maître? Oui si l’on ne s’attarde pas sur le fait qu’elle ne s’est pas vraiment attaqué à un genre spécifique. Son adaptation lui laisse en effet beaucoup de liberté, et au final c’est une oeuvre très personnelle.

James Woods est un grand acteur; on ne le voit pas assez. Comme ça je l’ai dit. Virgin Suicides est un portrait sulfurique de l’Amérique bien pensante des banlieues? Non, et on a déjà vu ça 100 fois.
Enfin si un peu mais là c’est différent! En quoi? Je ne sais pas, peut-être est-ce dû au fait que l’on s’attache de suite aux soeurs Lisbon, jeunes filles en pleine fleur de l’âge, jeunes fleurs qui ne demandaient qu’à éclore. Elles rendent fous les garçons du voisinage en pleine poussée de testostérone et c’est toute la poésie des premiers amours qui ressurgit. Et c’est là que Coppola frappe juste, elle le sait et elle en fait son film. Bien sûr, on aimerait qu’elle s’attarde un peu plus sur certains endroits. La narration reprenant parfois un peu trop vite ses droits, nous empêchant de pénetrer le mystère de soeurs.

Car vraiment, ces 5 ou plutôt 4 soeurs sont un mystère. On pourra bien sûr reprocher le propos un peu convenu et gonflant qui sert de base (apparement au roman) du style: « Ouais , vous les mecs ont vous tiens par le bout du zguègue mais vous pourrez jamais nous comprendre, nous les filles…na! » Mais force est de constater qu’il y a un peu de vérité là-dedans.

Une virée en enfer

Une virée en enferLewis, étudiant en vacances va chercher son amie Venna dans le Colorado. Sur le chemin, il fait un détour pour aller chercher son frere qui sort de prison. Pendant la longue route, ils commencent à faire des blagues par cibi interposées et fixent un rendez-vous à un routier. Mais le routier a l’air de pas avoir bien pris la blague.

Derrière ce scénario qui aurait pu déboucher sur l’un des pires nanards, on peut s’étonner de l’application et du sérieux mis par John Dale (déjà réalisateur des ‘Joueurs’) dans son film. En effet, on peut s’étonner de l’efficacité et de la tension qu’on retrouve tout au long du film.

Avec un casting loin d’être inoubliable et quelques bonnes idées scénaristiques, le réalisateur arrive à imprimer une ambiance stressante au possible à travers des méthodes vieilles comme le monde, mais qui marchent toujours aussi bien. On peut noter de belles photos (la verdatre de la scène du premier rendez vous est superbe) et une bande son qui nous encercle et nous met dans le film.

Cette virée en amérique profonde rappelle un petit peu ‘Massacre à la tronconneuse’ (trou isolé, rednecks allumés…) et bien sûr « Duel » (Steven Spielberg) qui prenait aussi comme personnage un conducteur de camions.
Les scènes de huis clos et les poursuites sont halletantes et étonnamment, le film ne souffre d’aucun temps mort.

On peut donc être assez surpris du résultat de cette série b, qui nous offre un thriller de qualité sans gros défaut apparent, et une efficacité remarquable. A ne pas rater pour les amateurs de sensations fortes.

Vipère au poing

Vipère au poingJean Rezeau et son frère vivent chez leur grand-mère paternelle. Enfants choyés, ils n’ont pas à se plaindre de leur sort, bien au contraire. Mais quelques temps après le décès de la charmante dame, leurs parents reviennent d’Indochine pour s’occuper d’eux. A ce moment là, ils ne savent pas encore que leurs vies ne sera plus jamais la même à la Belle Angerie…

Roman autobiographique écrit par Herve Bazin, ‘Vipère au poing’ n’en est pas à sa première adaptation audiovisuel. En effet en 1971, Pierre Cardinal avait déjà adapté le roman pour la télévision avec, dans le rôle de la fameuse ‘Folcoche’, Alice Sapritch. Mais cette fois l’adaptation est d’autant plus importante qu’elle est réalisée « Pour le grand écran, pas pour la petite lucarne ».

Philippe de Broca, peu connu du grand public, est un cinéaste complet, étant tour à tour réalisateur, acteur, producteur, assistant réalisateur ou encore scénariste. Après avoir été assistant pour des réalisateurs issue de la Nouvelle Vague, tel Truffaut ou Chabrol, il se lance et réalise en 1960 « Les jeux de l’amour ». 44 ans plus tard, après un parcours qualifiable de complet, de Broca s’attaque à l’un des mythes de la littérature française : ‘Vipère au poing’.

Les personnages du film sont interprétés par des acteurs dont le talent n’est plus à discuter. Catherine Frot est implacable en Folcoche et joue si juste que le spectateur ne peut que la détester ou en avoir peur. Sans oublier Jacques Villeret, l’un des plus grands acteurs français, ici époustouflant. De plus le choix des rôles qu’il incarne est toujours très bon (‘Les enfants du marais’, ‘Le dîner de cons’). Reste Jules Sitruk dont le jeu a bien évolué depuis son rôle dans ‘Moi César, 10 ans ½, 1,39m’, espérons qu’il continue dans cette voie.

Le scénario du film est connu de tous, il raconte l’enfance, plus que difficile, d’Herve Bazin. Ceci dit, bien que respecté, le scénario du film est beaucoup moins dur que le récit original. Néanmoins, il ressort du film le sentiment que le jeune Jean Rezeau, bien que détestant sa mère ne peut se passer d’elle. Sa vie d’enfant, mais aussi d’adulte, tourne autour de cette mère. Un scénario bien adapté, très bien illustré par l’ensemble des décors, costumes et accessoires, habilement choisit, nous transportant littéralement à l’époque du récit. A noter une photo de bonne qualité qui nous plonge d’avantage dans cet univers.

« Vipère au poing » est un film réunissant bon nombre de qualité cinématographique, mais qui, malheureusement, n’attirera probablement que les nostalgiques de l’œuvre originale. Pourtant il est fort probable que, sous le coup de l’émotion, vous soyez scotché jusqu’a la fin du générique.

Le village

Le villageUn petit village vit isolé, avec la peur des créatures de la forêt. Si les villageois ne pénètrent pas dans la forêt, les créatures ‘que l’on ne nomme pas’ n’attaqueront pas. Mais Lucius Hunt aimerait rejoindre les villes pour trouver des médicaments.

Toujours attendus avec une hype impressionnante, les films de M. Night Shyamalan divisent toujours les spectateurs. ‘Le Village’ ne fait pas exception, bien au contraire. Très vite lancé, le film nous introduit dans une atmosphère travaillée d’un village de la fin du XIXème siècle. On retrouve l’imagerie de ‘Sleepy Hollow’ et du ‘Pacte des Loups’ tout en ayant droit à une réalisation lente et coulée qui fait le style du réalisateur.

Shyamalan garde sa confiance, à raison, pour Joaquin Phoenix et lui offre un rôle intéressant, presque muet. A ses côtés, Bryce Dallas Howard est la bonne surprise du film. Cette aveugle au courage immense est sans aucun doute le personnage fort du film et cette actrice, fille de Ron Howard, est une vraie révélation.

Sans révéler aucune surprise, ‘Le Village’ semble tout de même inexploité et malgré tout le mystère qu’il suggèree, on a vraiment l’impression de rester sur sa faim et de n’avoir pas été au bout. L’expérience passée nous a appris à nous y prendre à deux fois pour juger les films du réalisateur indien, mais on ressort un poil déçu par les promesses non tenues, et ce malgré des thèmes passionnants traités et un score très réussi.

Mi-figue mi-raisin, ‘Le Village’ méritera donc une revision pour s’en faire un avis définitif. Malgré la petite déception qu’il a engendré, l’ambiance visuelle et sonore mérite le détour. Peut-être le moins réussi des Shyamalan, mais il garde cependant un petit arrière goût pas si désagréable.

La vie aquatique

La vie aquatiqueSteve Zissou s’occupe d’une équipe océanographique mais a de plus en plus de mal à réunir les fonds et les motivations de chacun pour repartir à l’aventure. Tant bien que mal, il arrive toutefois à faire partir l’expédition à la recherche du Requin-jaguar qui a coûté la vie à l’un des membres de l’équipe lors de la précédente sortie.

C’est toujours avec un certain buzz que sont accueillis les films de Wes Anderson, réalisateur américain a qui l’on doit déjà ‘Rushmore’ et ‘La famille Tenenbaum’. Très particulières, ses comédies usent d’un langage assez original, bien loin des rythmes habituels que l’on connaît à Hollywood.
Pour cette ‘Vie aquatique’, lointainement inspirée du personnage de Jacques Yves Cousteau, Anderson recompose une bonne partie de l’équipe de ‘La famille Tenenbaum’, avec notamment Bill Murray et Owen Wilson. A bord du bateau l’équipage se compose également de Willem Dafoe et de Cate Blanchett.

Pourtant, malgré ce casting luxueux et cet esprit assez original, ‘La Vie Aquatique’ a du mal à décoller et à vraiment trouver son rythme. Les personnages sont très sympathiques et on sourit avec complicité de la désinvolture de Murray / Zissou, mais passé la première demi-heure, l’histoire s’enlise et on s’ennuit un peu. Heureusement, Willem Dafoe vient parfois tirer son épingle du jeu et amène un personnage haut en couleur qui relance un peu le film, mais malheureusement, l’intrigue semble vague et peu intéressante si bien qu’on s’en désintéresse peu à peu dans un rythme mou.

Un peu dommage car le film a quand même de belles qualités, avec notamment un véritable univers créé par Wes Anderson. Les acteurs se font plaisir, et grâce à cet humour pince sans rire assez représentatif du style du réalisateur, une certaine complicité se met en place avec le spectateur. La bande son, très réussie laisse quant à elle quelques élans de naïveté pour accompagner ces personnages qui ne sont finalement que des mômes au milieu de l’océan.

Les films de Wes Anderson sont définitivement particuliers. Son style original, ponctué de dialogues souvent bien sentis est accrocheur, mais son rythme plan plan et son histoire inintéressante rendent le film un peu quelquonque. C’est vraiment dommage quand on connaît la qualité du casting et qu’en plus, ces derniers s’en sortent bien. Plus qu’une affaire de film, il s’agit d’une affaire de style avec lequel tout le monde n’accrochera pas, loin de là.